26 janv. 2016

Biophilie, ou comment réconcilier l’immobilier d’entreprise et la nature

Dans un contexte d’urbanisation progressive où déjà plus de la moitié de la population mondiale habite dans les villes, 75% de la population à horizon 2050, nous assistons paradoxalement à un besoin primitif de connexion avec la nature.

La prise de conscience du besoin d’espaces verts au sein des environnements de travail est en marche mais ne devrions-nous pas penser biophilie ? 

La biophilie désigne le lien émotionnel primaire que nous avons avec la nature, l’amour de la vie. La science démontre l’influence de ce rapport sur notre organisme et ses impacts sur notre santé physique et mentale y compris sur notre façon de travailler.

Quels bénéfices se cachent derrière la biophilie au sein de l’immobilier d’entreprise ?

  • L’amélioration du bien-être des usagers ;
  • L’augmentation de la valeur d’usage du bâtiment.

Plusieurs études mettent en exergue l’effet bénéfique de la présence de végétaux au sein de l’environnement de travail :

  • Cary Cooper[1], via son étude réalisée en Norvège auprès d’employés de bureau, mesure que leur bien-être et leur productivité sont respectivement améliorés de 13% et 8% ;
  • Arp Astance et l’International Well Being Institute[2] ont relevé une amélioration de la créativité des occupants à hauteur de 15%, qui s’explique notamment par une stimulation multi-sensorielle (chiffres présentés à l’occasion du SIMI édition 2015).

La présence de végétaux n’est pas le seul élément sur lequel les entreprises doivent travailler.

Des tests de fonction mentale et de mémoire [3] ont démontré qu’un meilleur accès à une vue sur l’extérieur et une meilleure exposition à la lumière naturelle ont une fonction régulatrice de stress et permettent une hausse de performance de 10 à 25%.

L’amélioration du bien-être du collaborateur est un véritable atout pour l’entreprise car il permet de limiter les risques psychosociaux facteurs de maladies, d’absentéismes et de turn-over ; 10% des absences des employés tertiaires résulteraient d’une architecture sans aucune connexion avec la nature[4]

Végétaliser le bâtiment de demain ce n’est pas seulement améliorer la qualité de vie de ses occupants, c’est également accroître sa valeur d’usage.

La valeur d’usage du bâtiment peut être développée de multiples façons, entre autres par une exploitation maraîchère ou encore la mise en place de ruches sur son toit.

Le choix de l’hôtel Pullman Tour Eiffel du 15e arrondissement de Paris s’est porté sur cette première option. En 2014, les 600m² de toit du prestigieux hôtel se sont parés de plantes, d’herbes, de fleurs, d’arbres en tous genres et même d’un poulailler. Au-delà d’offrir un spectacle de biodiversité incroyable cette exploitation permet d’apporter une réelle plus value au restaurant et bar de l’hôtel qui proposent à leurs clients de déguster des cocktails ou des plats confectionnés à partir des fruits et légumes du toit.

C’est sur le créneau des abeilles que l’entreprise Logdis a, elle, choisi de s’implanter. Agence de location meublée productrice de miel, elle met à disposition de ses clients des ruches.
Une ruche sur un toit, quels avantages ? Ils sont triples ! Tout d’abord, la possibilité pour les collaborateurs de participer à leur entretien ; service aux occupants pouvant s’inscrire au cœur d’une véritable culture d’entreprise. Côté client, au delà de servir l’image de marque de l’entreprise, la visite des ruches peut ritualiser la visite des locaux ou la signature d’un contrat. Quant au fruit du labeur des ouvrières, les pots de miel « home made » pourront faire l’objet d’un cadeau original aux partenaires.

Au-delà de la performance interne la végétalisation du bâtiment c’est réduire son empreinte énergétique par une meilleure gestion des dépenses énergétiques. Bien que l’investissement initial soit à prendre en compte, la végétalisation d’un immeuble assure un ROI significatif quantifiable. Pour exemple, la végétalisation des façades ou du toit procure des avantages en matière d’isolation phonique et thermique mais également de rétention d’eau. 

Dans les faits, la biophilie c’est aller plus loin que la présence d’espaces verts, c’est repenser l’espace de travail comme lieu de vie, comme l’expliqueHervé Moal. Responsable du développement et de l’innovation d’ARP-Astrance, il présente la démarche de certification Well Building Standard. Basée sur un référentiel de 7 thématiques ciblées, dont la biophilie, il explique qu’elle intervient comme un complément des certifications environnementales existantes HQE et BREEAM, qui abordent des thématiques écologiques ciblées, avec pour distinguo le développement d’une ingénierie collaborative entre les différents acteurs du futur bâtiment.

Anaïs Razin, à l’écoute des tendances


[1] Professeur en psychologie organisationnelle et santé à l’Université de Lancaster et fondateur du cabinet Robertson Cooper spécialisé en bien-être au travail

[2]  Respectivement entreprise de conseil en immobilier et société d’utilité publique dont la mission est d’améliorer la santé humaine et le bien-être grâce à l’environnement bâti.

[3] Dirigés par l’Arp Astance et l’International Well Being Institute

[4] Rapport Human Spaces : Impact du design biophilique dans les espaces de travail, dirigé par Cary Cooper

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